L’histoire des vaches volantes a commencé pendant un cours de l’après-midi la semaine dernière. Le professeur nous a donné une fiche avec les questions pièges en entretien d’embauche, dont :

« Si vous deviez vous débarrasser d’un état des Etats-Unis, lequel choisiriez-vous et pourquoi ? »
« De combien de pièces de 25 cents auriez-vous besoin pour atteindre la hauteur de l’Empire State Building ? »
« Un pingouin portant un sombrero passe la porte maintenant. Que dit-il et pourquoi est-il là ? »
« Que pensez-vous des nains de jardin ? »
« Pouvez-vous estimer combien il y a de fenêtres à New-York ? »

et ma préférée :
« Combien y a-t-il de vaches au Canada ? »

Les questions étaient toutes des questions difficiles, mais je trouvais que la question concernant les vaches était de loin la plus difficile. J’ai dit à mes camarades de classe que les questions d’estimation étaient en général assez facile, mais que je ne savais rien sur les vaches au Canada. Ils étaient tous étonnés de m’entendre dire que les estimations étaient faciles, mais je crois que j’étais la seule scientifique dans la classe. En fait, j’en suis sûre. Bien sûr, ils m’ont demandé d’estimer le nombre de fenêtres à New York, ce que l’on peut faire sans trop de difficulté en sachant le nombre de rues, etc. Mais vraiment, je n’ai aucune idée du nombre de vaches au Canada. Je ne savais pas qu’il y en avait beaucoup, mais il est possible que oui. Quand je pense aux vaches (très souvent, je te jure), je pense à la Nouvelle-Zélande, mais peut-être y sont-elles arrivées en bateau. Mon amie assise à côté de moi éclata de rire, suivie par le reste de la classe, mais je restais sérieuse quand-même.

Après les vaches au Canada (pas encore volantes), on a parlé des nains de jardin. Apparemment, il y en a beaucoup en France et en Suisse. Le professeur nous a raconté une histoire de gens qui avaient volé beaucoup de nains de jardin en disant qu’ils avaient le droit d’être libres. Cette « Société pour la Libération des Nains de Jardin » (SLNJ) était très connue en France. Les membres de cette société croyaient que les nains de jardin ne devaient pas rester toute leur vie au même endroit, et que c’était vraiment un problème. À nouveau, toute la classe éclat de rire. Pendant la deuxième partie de ce cours, il a fallu écrire nous-mêmes des questions pièges et les poser aux autres. Alors, j’ai demandé à mon amie : « Combien y a-t-il de nains de jardin en Suisse ? » et elle a dit qu’il y en avait plus que le nombre de vaches au Canada, ce qui me semblait une bonne réponse mais le professeur n’était pas vraiment satisfait.

Le lendemain matin, on était en train d’étudier la voix passive, et il a fallu écrire un article de journal en regardant une photo. Je travaillais avec la même amie que le jour précédent, et sur notre photo il y avait un cheval qui avait écrasé une voiture. Bien sûr, on a dit que c’était une vache, et voici ce que l’on a écrit :

« Hier, au Canada, une voiture a été écrasée par une vache volante. Le Canada est rempli de vaches (un fait que personne ne connaît), mais jusqu’à hier on n’avait jamais vu une vache avec des ailes. Maintenant, la vache, qui est encore vivante, est adorée de tous les Canadiens. C’était étonnant que la vache ait été accompagnée d’un passeport néo-zélandais. La vache s’est laissée transporter par les vents forts de ce beau pays jusqu’au Canada. Le conducteur du véhicule qui a été écrasé ne l’a pas faite réparer parce qu’il veut que la Nouvelle-Zélande paie les réparations. Cette demande ne se comprend pas facilement en Nouvelle-Zélande. Pour le moment, on ne sait pas si cette situation causera de gros problèmes entre les deux pays, mais la Société pour la Libération des Vaches est en train d’apaiser les tensions. On espère que ce conflit va motiver la continuation de la Société pour la Libération des Nains de Jardin. »

J’ai eu du mal à lire l’article parce que j’étais en train de rire, mais c’était amusant pour toute la classe, même le professeur, qui n’était pas le même que la veille et qui me laissait m’amuser à condition que je fasse le travail. Il était vraiment génial.

Mais l’histoire des vaches n’était pas encore finie. Pendant l’après-midi, avec un professeur différent, on a parlé de la radio et de la télévision, et à la fin du cours il a fallu présenter à l’oral les nouvelles du journal. J’ai demandé si je pouvais créer l’histoire moi-même. Le professeur a accepté, ce qui n’est pas vraiment intelligent de sa part mais c’était la première fois qu’il m’avait comme étudiante et il n’en savait rien, le pauvre. Donc, bien sûr j’ai parlé de l’augmentation du nombre de vaches au Canada. J’ai raconté qu’un bateau venu de Nouvelle-Zélande transportait beaucoup de vaches, et qu’elles avaient toutes leurs passeports. J’ai dit que les vaches avaient pris les places des nains de jardin partout au Canada, ce qui énervait la Société pour la Libération des Nains de Jardin. Mais en fin de compte, les nains de jardin étaient heureux parce que la SLNJ avaient trouvé une île sur laquelle ils pouvaient tous vivre en liberté.

À la fin de la semaine, il y avait comme toujours un petit test hebdomadaire, et cette semaine pour un des exercices il a fallu écrire des phrases en utilisant les pronoms composés pour décrire une feuille de papier. J’ai écrit : « C’est un objet sans lequel on ne pourrait pas écrire des articles sur les vaches au Canada, un endroit vers lequel beaucoup de vaches se dirigent. Les vaches sont un sujet dont on parle souvent. Elles sont venues au Canada avec des passeports grâce auxquels elles ont pu quitter la Nouvelle-Zélande. De plus, sur cet objet on peut écrire des histoires parmi lesquelles on trouve celle de la vache volante, grâce à laquelle une voiture qui a été écrasée est devenue célèbre. Je m’amuse bien avec ces histoires, à la base desquelles il y faut souvent de l’imagination. »

Et le garçon à côté de moi a écrit : « C’est un objet sur lequel une blonde américaine a écrit beaucoup d’histoires bizarres, dont l’histoire des vaches au Canada. »

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